Rencontre avec Raphaël Personnaz

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Membre du jury des longs métrages du 30ème FIFF de Namur, Raphaël Personnaz à répondu à nos questions.
IMG_6430Raphaël Personnaz après l’interview.

– Comment se passe le festival ? 
Très bien, excellemment bien même. On a fini de voir tous les films en compétition, c’est un exercice fatiguant, je ne pensais pas voir trois films par jour. Il faut rester vigilant, éveillé, bienveillant. J’ai eu la chance d’être entouré d’un bon jury, je connais bien Olivier Gourmet (président du jury) avec qui j’ai fait deux films, je sais qu’il a un bon regard sur les choses.

– Qu’est-ce qui fait un bon film selon vous ?
Sur les 15 films que j’ai vu, il y a des défauts mais quand on veut montrer son savoir faire, ça a peu d’importance. Ce qui m’a frappé c’est qu’on a vu des enfants qui font confiance à ce qu’ils font et c’est ça qui traverse l’écran. J’aime quand il n’y a pas de filtre, quand l’émotion est là.

– L’envie d’être acteur est présente depuis toujours ?
J’ai commencé par le théâtre, j’étais très jeune et j’en suis tombé amoureux. Par la suite j’ai fait des études de théâtre dans un lycée spécialisé dans la théorie du théâtre. Vers 18-19ans j’ai découvert le cinéma américain des années 70 et c’est venu petit à petit en même temps que je commençais à tourner. Je ne pensais pas avoir accès au cinéma ni à la scène.

19442023 « La Princesse de Montpensier » de Bertrand Tavernier (2010)

– Vous aimez regarder des films ?
Oui mais c’est fou parce que le problème, quand on veut avoir une bonne culture cinématographique, c’est qu’il y a une tonne de films qui sort par semaine dans le monde entier. C’est colossal. Quand je viens en Belgique, je découvre des films wallons, flamands et avec des réalisateurs qu’on ne connait pas forcément en France. Pour moi c’est une découverte permanente.

– Théâtre / cinéma, une préférence ?
Pour moi c’est très complémentaire, le jour où j’ai découvert le jeu cinématographique, ça a nourri le jeu théâtral et inversement. A priori, aujourd’hui les gens sont plus éduqués à l’image qu’au théâtre donc il faut arriver à combiner les deux. J’essaye de ne pas trop séparer les choses mais au théâtre il y a plus d’exigences techniques. Il y a certaines émotions qu’on ne peut donner qu’au cinéma. Sur scène, il n’y a aucun filtre entre le comédien et le public. On ressent les vibrations de la salle et si le public est hostile.

– Avec quel réalisateur rêveriez-vous de tourner ?
En Belgique, il y a Joachim Lafosse que je trouve très intéressant et impressionnant. En France, j’aime beaucoup Xavier Beauvois. Il y a également quelques réalisateurs italiens avec qui j’aimerai tourner. Par exemple Marco Tullio Giordana, le réalisateur de « Nos meilleures années » et Kim Rossi Stuart qui a réalisé « Libero ».

94c6197f7b56b32665619a3482babb9951d6ff1981686 « Marius » de Daniel Auteuil (2013)

– Un rôle que vous aimeriez jouer ? 
Pas de superhéros en tout cas, le slip rouge ne m’a jamais attiré (rires). Je n’ai rien contre ce genre de rôle mais je n’y trouve pas d’intérêt en tant qu’acteur. C’est peut être avec ça qu’on paie ses impôts mais pas là où on va pratiquer son métier.

– La réalisation vous tente ? 
Oui beaucoup, j’ai déjà réalisé deux courts métrages et en ce moment je suis en plein processus d’écriture  pour un long métrage.

– Un film préféré ? 
« Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino. Ce film est fabuleux, il me touche énormément. Je peux le revoir cinquante fois et je ne m’en lasse jamais. C’est ahurissant. C’est le film qui parle le mieux de la guerre en la montrant 20 minutes sur un film de trois heures. Je suis fasciné.

maxresdefault « Au bonheur des ogres » de Nicolas Bary (2013)

– Un film que vous avez honte d’aimer ?
Il y en a beaucoup mais le film « Hamlet 2 » avec Steve Coogan est fantastique. Tous les films dans cette veine-là comme ceux avec Seth Rogen, Will Ferell etc..

Quel métier exerceriez-vous si vous n’étiez pas acteur ? 
Je voulais être pâtissier quand j’étais plus jeune. J’aime énormément la cuisine. Beaucoup d’acteurs dévoient dire ça car il y a la satisfaction d’arriver à un produit finit avec ses mains.

Des projets ?
Je viens de finir un film de Safy Nebbou qui a adapté un bouquin de Sylvain Tesson « Dans les forêts de Sibérie ». On l’a tourné en Sibérie et c’était une expérience unique. Il devrait sortir en février 2016.

160938 « Une nouvelle amie » de François Ozon (2014)