War for the Planet of the Apes

War for the Planet of the Apes – La Planète des Singes : Suprématie
Réalisateur : Matt Reeves
Avec : Judy Greer, Woody Harrelson, Andy Serkis, Gabriel Chavarria, Steve Zahn
Origine : États-Unis
Genre : action, aventure
Durée : 2h22
Sortie : 12 juillet 2017

Synopsis : César et les Singes sont contraints de mener un combat dont ils ne veulent pas contre une armée d’Humains dirigée par un Colonel impitoyable. Les Singes connaissent des pertes considérables et César, dans sa quête de vengeance, va devoir lutter contre ses instincts les plus noirs. Au terme d’un périple qui le conduira à un face à face avec le Colonel, les Singes et les Humains vont se livrer une guerre sans merci à l’issue de laquelle une seule des deux espèces survivra – et dominera la planète.

Critique : Dans une jungle dense et humide, une troupe de soldats d’élite avance prudemment, bien décidé à mettre la main sur César et sa tribu. Deux ans d’une chasse harassante, parsemée d’altercations meurtrières. Face à la barricade qui se trouve devant eux, les hommes ouvrent le feu. Dans un déluge de flamme et de mort, la bataille fait rage, brute et sans concession. Une ouverture dantesque qui a l’odeur du napalm au petit matin.
Matt Reeves confirme, son War for the Planet of the Apes sera sombre, puissant et apocalyptique. C’était la promesse qu’il nous avait faite avec le précédent. Une suite au duel fratricide dantesque qui nous laissait présager un blockbuster mature et torturé. Un gros divertissement estival qui s’adresse enfin aux adultes et laisse les enfants chez Despicable Me 3. Mais ça, telle l’utopie pacifiste de César, c’était un rêve éveillé !

Loin de moi l’idée de cracher dans la soupe. Ce nouvel opus de la planète des singes est de très bonne facture à bien des égards et survole largement la fadeur des (super) héros infiniment duplicables de ces dernières années (mais est-ce vraiment si exceptionnel ?). Cependant, il devient de plus en plus insupportable de voir que le fond est sacrifié sur l’autel du divertissement. Certes, ce n’est pas nouveau, et nombreux autres films pourraient être la victime de ce constat mais aujourd’hui, c’est sur lui que ça tombe.

Tout commençait pourtant pour le mieux, le premier acte était irréprochable, puissant et dramatique. Les enjeux se posent, César est tiraillé par un conflit intérieur d’où émerge un moi autodestructeur tandis que sa tribu vit ses heures les plus sombres et part en quête d’un paradis perdu. Aidé par les singes renégats fidèles à Koba, les humains sont plus dangereux que jamais et un nouveau mal semble s’abattre sur eux. Reeves impose son style et montre qu’il est peut-être bien l’homme de la situation pour s’attaquer au nouveau Batman. Le casting flamboie, les effets spéciaux aussi et comme lors de l’opus précédent, le scénario évite un manichéisme pataud pour forger des personnages tout aussi complexes que charismatiques. Seulement voilà, si le manichéisme est évité, le sidekick marrant, lui, nous est quand même servi en pleine face. Une touche de légèreté qui fait tâche dans l’ensemble, tant son utilité est discutable et son emploi déforce toutes les situations dramatiques dans lesquelles César et ses compagnons vont se retrouver. L’exemple le plus flagrant se retrouvera dans une des scènes climax du film qui se transformera en solution improbable et risible. Alors que Matt Reeves met toute sa rage en place pour créer des moments forts et bruts avec brio, il semble devoir composer contre son gré avec ce personnage dérangeant uniquement placé pour amuser la galerie. Un doigt d’honneur fait au film pour brasser un public plus large que le réalisateur parviendra difficilement à masquer.

Olivier Baes

Bande annonce :