Rencontre avec Valéry Rosier pour son film « Parasol »

IMG_7205Rencontre avec le réalisateur Valéry Rosier qui nous parle de son premier long métrage « Parasol » (à l’affiche depuis le 17 février).


Parlez-nous de la genèse du film
 

J’ai souvent beaucoup d’idées qui trainent mais, même si elles sont là depuis longtemps, elles ne sont pas suffisantes. A un moment donné, certaines de ces idées deviennent évidentes ensemble et pour ce film, ça a été le cas. Ce sont des envies, des images et là il y a une envie de parler de l’isolement et de la société qui nous isole de plus en plus. Ca fait quand même quelques temps que je lis sur le tourisme et le tourisme de masse, qui devient un peu un phénomène de société. Je voulais aussi parler de personnages un peu désoeuvrés et isolés dans un monde qu’on associe au plaisir et à la masse. Tout à coup, je me disais que ces deux choses contraires allaient fonctionner ensemble. Je me suis dis qu’il y avait matière à faire un film.

Pourquoi raconter l’histoire de 3 personnages ?

Au départ, j’avais écrit 5 histoires mais tout s’est fait au fur et à mesure de la construction du film. Il s’est fait en « work in progress », on a eu 5 tournages d’une semaine car dès qu’on avait un peu d’argent, on tournait. On s’est constamment adapté en faisant ce film et le film s’est adapté à lui-même. Le scénario s’est également adapté aux personnages. Les histoires de chacun s’adaptaient aussi aux autres. Quand on rentrait d’un tournage, on faisait un montage et parfois, on se rendait compte qu’une des histoires prenait le dessus. J’en ai tourné une très belle mais elle était tellement forte, qu’elle n’allait pas avec les autres donc je l’ai enlevée. Le rythme du film est aussi créé par les cassures de ton, et donc, mettre une histoire triste sur une histoire triste, ça ne rend pas service au film. Il y avait une volonté de passer du léger au moins léger.
parasol-photoPourquoi placer le récit à Majorque ?

Je voulais un endroit de tourisme de masse et l’avantage là-bas, c’est qu’il y a toutes les sortes de tourismes. Je voulais aussi une île pour renforcer la thématique de l’isolement. Je parle un peu espagnol également et le billet d’avion pour Majorque était le moins cher (rires).

Est-ce un film personnel ? Avez-vous déjà rencontré ces personnages ? 

Je pense que ces personnages parlent un peu de moi. Alfie, un des personnages, vit des moments de martyrs et je pense que j’ai dû être un peu martyrisé, de manière très légère. Par exemple quand tu arrives dans une nouvelle école à 11 ans. La femme âgée qui part à Majorque pour trouver l’amour, ça c’est clairement l’histoire de ma grand-mère.

Comment travaillez-vous avec vos comédiens ?

Je m’adapte à eux. Dans ce film, j’ai travaillé avec des non-comédiens car j’avais envie de réalité et de prendre des risques. J’ai trouvé cela passionnant même si ce n’était pas toujours évident. Ils pouvaient improviser, ce qui amenait plein de petites surprises.

30959_43_ParasolVous aimez parler de sujets tristes avec humour

J’aime bien aborder des sujets graves, tristes mais j’ai toujours envie d’espoir. Mes personnages restent en mouvement, ce n’est pas parce qu’ils tombent qu’ils ne se relèvent pas. C’est peut-être parce que je suis un peu comme ça dans la vie mais je trouve qu’on a tout le temps besoin d’humour. J’aime insufflé de l’humour dans n’importe quelle situation, que ce soit dans la vie ou dans un film.

Quelle place a la musique dans votre film ? 

Je n’ai pas voulu me priver de musique. Ce que j’ai découvert avec ce film c’est qu’on ne met pas nécessairement une musique triste sur une scène triste. La musique doit apporter quelque chose de supplémentaire sur l’émotion intrinsèque d’une scène. Elle permet de mettre en valeur quelque chose de caché dans une scène.

Vous diriez que le film est une comédie ? 

Je pense vraiment que le film est inclassable. Je crois aussi qu’il y a de la violence tendre et de l’ironie triste donc c’est plutôt une comédie mélancolique.