La Tour 2 Contrôle Infernale : interview d’Eric & Ramzy

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A l’occasion de la sortie du film La Tour 2 Contrôle Infernale, en salle le 10 février, le duo Eric & Ramzy a répondu à nos questions.

– Vous pensiez déjà faire une suite à l’époque du 1er ?

Eric : Non pas du tout.

Ramzy : Pourtant on nous l’avait proposé. Mais on est contre les suites de films. Du coup, 14 ans après ça va. Sinon c’est trop putassier. On n’avait pas envie de faire un deuxième film juste parce que le premier a marché. On voulait que ça sorte du coeur. Donc voila, on a mis 14 ans à le chier celui-la.

Eric : Et ça se chie du coeur..

Ramzy : Du coeur au cul. (rires)

– Pourquoi un prequel et pas une suite directe ?

Ramzy : C’est une vanne au début, ça nous faisait marrer d’associer le mot prequel, mot qui va d’habitude avec les sagas ou avec des films aux personnages compliqués. Mais on avait besoin de faire un retour en arrière pour savoir qui sont ces personnages, pourquoi ils sont devenus comme cela. Ca nous faisait marrer nous de voir comment ils sont devenus deux gogols.
Du coup dans le film, au début, on est intelligent cinq minutes.

Eric : Et ça dérape très vite après.

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– Vous utilisez les mêmes codes que pour le 1er (acteurs, musique..),

Ramzy : Le code civil aussi (rires)

C’était essentiel pour vous ?

Ramzy : Oui, par exemple, quand tu regardes « Le flic de Beverly Hills 2 », t’es content de voir les mêmes personnages, la même musique que le premier. Pour notre film, c’est ce qu’on voulait. On a fait ce qu’on aimerait voir.

– Vous vous êtes plongés dans votre nostalgie

Ramzy, : Oui, les personnages ne nous ont jamais quittés.

Eric : Oui, ils sont toujours quelque part au fond de nous. On les a toujours joués un peu à droite à gauche, plus ou moins débiles. Au départ, les premiers personnages qu’on a créés étaient pour le spectacle. On définissait des mots avec un tableau et c’était ces personnages là. On les a toujours eu en nous. Quand on s’est décidé de faire ce prequel, ça nous a paru évident, on s’est plongé dans ces personnages en deux secondes. Ils étaient juste sous la peau.

Ramzy : Ils étaient dans le placard, on ne les a jamais jetés.

– En fait, c’est vous

Ramzy : Ah oui exactement. On a commencé sur scène et c’est ces personnages là qu’on n’a pas lâchés. J’ai même l’impression qu’on les utilisera encore. On a trouvé l’idée du prequel mais on pourrait les vieillir.
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– Marina Foïs, Serge Riaboukine, et pourquoi pas le chinois (Bô Gaultier de Kermoal) ?

Eric : On l’a oublié en fait (rires). On a écrit, tourné le film et au moment du montage, on va au restaurant, on le croise et il nous dit : « hey, quand est-ce que vous tournez le 2 ? Vous m’appelez hein ? » et là on lui répond : « Ouais, ça marche, on t’appelle ». Mais on l’avait déjà tourné. (rires)

– Serge Riaboukine est le grand méchant dans le premier mais pas dans le 2, pourquoi ?

Eric : Parce que j’ai rencontré Philippe Katerine. J’ai fait une interview avec lui et je suis tombé sous le charme de ce mec. C’est électrique, il a un truc, une douceur. Je me suis dit que si ce mec abattait des gens après avoir dit une belle phrase toute douce, la rupture pouvait être drôle.

276243– Vous n’aviez pas peur de vous répéter ?

Eric : Non pas du tout. Le film qu’on a fait, il a peut-être plein de codes du premier mais c’est un tout autre film. A part le fait qu’on fasse des clins d’oeil, qu’on endosse le même costume avec cette façon de parler, le film est different.

– On peut donc voir le 2 sans avoir vu le 1er

Eric : Bien sûr.

– Y-a-t-il des éléments que vous vouliez absolument mettre dans le film ?

Eric : Marina et Serge évidemment. Je priais pour qu’on nous laisse les droits de la musique du premier car ça te plonge immédiatement dans l’atmosphère, dans cet univers abstrait du premier.

– Eric est le seul à réaliser, pourquoi ?

Ramzy : Eric ne voulait pas (rires) Non, en fait, on ne pouvait pas réaliser à deux. On avait déjà eu cette expérience pour « Seuls Two » et comme on n’est pas les frères Dardenne ni les frères Coen, on s’est dit que c’était mieux pour le bien du projet.

Eric : On est les frères « bedaine » (rires). Ramzy a eu la gentillesse de me donner les clés de ce film, c’est lui qui m’a dit avant le début du tournage : « Tu vas réaliser ce film seul parce qu’à deux on va se marcher sur les pieds, on va pinailler pour des petits trucs et ça va créer une mauvaise atmosphère ». On avait besoin d’être très complice pour ce film.

Ramzy : Mathématiquement, Eric avait déjà deux saisons de « Platane » dans les pattes et moi je n’avais rien. Je lui ai dit : « Vas-y, tu as l’expérience, tu as ton équipe ».

Un nouveau spectacle prochainement ?

Ramzy : Oui, depuis qu’on a commencé la tournée du film, on voit que les salles sont pleines et que les gens ont envie qu’on les fasse marrer. Il y a une vraie attente et ça nous donne envie de remonter sur les planches. Je pense que d’ici deux ans on sera de nouveau sur scène.

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