Rencontre avec Stéphane Bissot

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Rencontre avec la charmante et pétillante Stéphane Bissot qui sera à l’affiche du film Les Chevaliers Blancs de Joachim Lafosse dès le 27 janvier.

Quel a été votre parcours ? 

J’ai su très tôt que je voulais être actrice. Un peu comme tous les enfants, je faisais des petites mises en scène avec mes barbies dans le grenier. J’avais déjà l’envie de raconter des histoires. Plus tard, j’ai appris qu’il y avait des humanités artistiques à Bruxelles, je suis donc allée à l’Académie d’Ixelles et j’ai rencontré Dominique Serron, un professeur de théâtre qui m’a vraiment donné la passion. Ensuite, je suis entrée au Conservatoire de Bruxelles et pour ma troisième année, j’ai demandé ma mutation au Conservatoire de Liège. C’était très enrichissant de passer d’une équipe pédagogique à une autre. Mon premier spectacle professionnel s’est fait avec ma professeur de théâtre quand j’avais 20 ans. 

L’envie de jouer était présente très tôt ? 

Oui, à 14 ou 15 ans je me souviens avoir eu un choc en voyant Isabelle Adjani dans « L’été meurtrier » de Jean Becker. Ca devait être l’émotion qu’elle dégageait. Je la trouvais également très belle mais au-delà de la beauté, c’est vraiment la fêlure, la fragilité et en même temps la force qu’elle puisait de son émotion qui m’a transcendée.

Des films vous ont marqués pendant votre enfance ? 

Oui, un film que j’ai vu et revu c’est « Les prédateurs » de Tony Scott avec David Bowie, Catherine Deneuve et Susan Sarandon. C’est pour moi le film culte de toute mon adolescence. Avec mes amis on regardait souvent « La Chèvre » de Francis Veber, les répliques sont fantastiques. J’adorai également « Blue Velvet » de David Lynch, j’étais fasciné par ce film qui me mettait très mal à l’aise. Je me sens toujours à cheval entre un besoin de cinema d’auteur, profond, d’univers mystérieux et un besoin de comédie.

Cinéma ou théâtre ? 

J’adore les deux. Ce sont des arts qui se 
complètent. J’aime la façon de travailler avec l’image sur un plateau de cinéma. L’écoute qu’il y a sur un plateau me passionne également. La justesse, au théâtre et au cinéma se situe au même endroit. Récemment je me suis dit que je faisais ce métier parce que j’avais envie de relier, que c’était pour moi une façon d’être ensemble. Le cinéma et le théâtre sont des endroits de réunion avec les partenaires, avec l’équipe technique, l’équipe de création et plus largement avec le public. La question du cercle émotionnel et du partage d’un point de vue sur le monde sont deux choses que je retrouve dans ces deux médias et qui me passionnent.

Quelqu’un avec qui vous aimeriez tourner ? 

J’aimerai tourner avec Iñárritu. Leonardo DiCaprio est pour moi l’acteur je j’aime plus que tout. En Belgique, il y a Felix Van Groningen. J’aime énormément le cinéma de Michael Haneke, Tony Gatlif et celui de Kechiche. 

Un rôle que vous aimeriez jouer ? 

Une femme amoureuse. Jouer une histoire d’amour qui finit bien ou mal, jouer sur la question du désir et de l’amour. Ce qui me ferait plaisir, c’est de jouer des femmes qui ne lâchent rien. Par exemple, un film que j’ai beaucoup aimé, avec Cate Blanchett, une de mes actrices préférées, c’est Veronica Guérin. Elle joue quelqu’un qui a une quête et qui se bat pour quelque chose, cela doit être très intéressant.  Tout ce qui est lié au climat, à la santé publique, à l’enfance et à la mère me plairait aussi.

Un mot sur Joachim Lafosse que vous retrouvez pour « Les Chevaliers Blancs » 

Joachim et moi grandissons ensemble dans le métier. C’est un grand artiste. Il a l’art d’explorer la perversion de manière très subtile, très élégante. Son dada c’est l’enfer paré de bonnes intentions. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il est fidèle à lui-même. Il a un désir très riche. Il ne met pas de distance entre lui et son oeuvre. Il aime beaucoup quand la réalité rattrape la fiction.

C’était un tournage difficile ?

Pas vraiment, on était vraiment au travail, dans la lecture qu’on pouvait avoir de nos rôles et dans la façon dont on voulait le raconter. On était assez chouchoutés dans le désert marocain. Sur le plateau proprement dit on prenait parfois du retard et du coup, plusieurs séquences ont dû être coupées ou réaménagées. Ce qui était difficile mais passionnant, c’était de travailler avec autant de figurants.

Vos impressions après avoir vu le film ? 

Je trouve que c’est une grande oeuvre et un grand film, même si je suis un peu mal placée pour le dire. Je suis ravie d’en être. C’est un film où on est complice. Ce qu’il y a de beau c’est qu’on vit cette histoire avec les protagonistes et la réfléchit avec celui qui fait le film.  Les deux fonctionnent en même temps. C’est bête à dire mais je me sentais intelligente en sortant du film. Il y a quelque chose de l’ordre de la relativité au monde qui est très perceptible et qui m’a rendu plus humaine.

Des projets ? 

J’ai tourné avec Marc Fitoussi « Maman a tort ». L’héroïne est une petite fille de 13 ans et le rôle de sa maman est joué par Emilie Dequenne. Moi je joue une collègue de travail d’Emilie. C’est l’histoire d’une petite fille qui fait son stage de lycée en entreprise, c’est très bien écrit, je suis ravie. Je pars également  sur un premier long métrage avec Jean-Pierre Bacri et Olivier Gournet. C’est un genre de road trip avec un corbillard et très drôle. Je vais tourner ça en Pologne le mois prochain. J’ai également tourné en septembre « Le docteur  de Khinshasa » de Julien Rambaldi avec Aissa Maiga et Marc Zinga, ça sortira surement au printemps. Je serai aussi au Varia dans un texte que j’ai écrit « Après nous les mouches ».

Au cinéma le 27 janvier