Rencontre avec Marc-André Grondin

fJYr-_4OC1ozXwgDNUBBYWfHvnc Le 30ème FIFF de Namur s’est clôturé ce vendredi 9 octobre. Dans le cadre du festival, Marc André Grondin a bien voulu répondre à nos questions. Il faisait partie du jury longs métrages.
Rencontre avec l’acteur canadien.

IMG_6431Marc-André Grondin après l’interview.

– C’est votre 1ère fois au festival de Namur, quels sont vos ressentis ?  
 

C’est un festival très sympathique, les gens se mélangent beaucoup. Moi j’ai la chance d’être avec un groupe exceptionnel, le jury est très intelligent, drôle et ouvert. J’avais déjà rencontré Raphael Personnaz, Olivier Gourmet et Laura Smet mais pas les autres. J’ai passé une super belle semaine.

– Selon vous, quels sont les éléments qui font un bon film ? 
 

C’est dur parce que je peux aimer un film qui va être hyper naturaliste mais aussi un film expérimental, froid, déconnecté. J’aime qu’il y ait une proposition, j’aime être surpris. Je n’ai pas envie de me sentir en contrôle et savoir ce qui va arriver. Faire un film ce n’est jamais simple mais j’aime quand il y a un élément novateur.

– Quels sont vos critères pour accepter un rôle ?  
 

C’est vraiment par coup de cœur. Je lis un scénario et après ça, je ne dis pas oui tout de suite car c’est très important de rencontrer de réalisateur. C’est la personne qui va amener ce projet à terme, c’est sa vision. En même temps je verrai si je peux lui faire confiance. Créer une relation d’amitié avec le réalisateur c’est toujours mieux.

bfi-00o-02hAvec Benicio Del Toro dans « Che – 2ème partie » de Steven Soderbrgh (2008)


- C’est parfois difficile de se faire diriger par quelqu’un ?  
 

Non parce que quand j’accepte un projet c’est parce que j’y crois. J’accepte le genre de films que j’aimerai voir en tant que spectateur. Si je sens que c’est le meilleur réalisateur pour le projet, je fonce. Il m’est déjà arrivé de lire un truc exceptionnel, de rencontrer l’équipe mais qu’au final, je me dis que pourrai faire mieux moi-même. Je n’ai jamais quitté un projet mais parfois, tu crois que tout va bien se passer et dès que tu commences à tourner, tu te rends compte que le réalisateur a perdu le contrôle, qu’il se fait manger par les producteurs et d’un coup ce n’est plus son film. C’est dommage quand ça arrive.

– Qu’est-ce qui le plus important quand vous êtes attaché à un projet ? 
Pour moi, ce qui compte le plus, c’est le tournage. Je passe trois mois voire plus avec toute l’équipe donc il faut que ce soit agréable, que ce soit une belle expérience, il faut aussi que j’apprenne quelque chose. Quand le film sort en salles, tu espères que les gens iront le voir mais au final mon plaisir ce n’est pas sur le tapis rouge.  Je m’en fou un peu du nombre d’entrées, c’est toujours bien pour ta carrière mais également pour le film car quand tu acceptes un projet tu y es attaché pour deux ou trois ans.

crazy2« C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée (2005)

– Il y a eu un avant et un après C.R.A.Z.Y. ? Film qui vous a révélé au grand public.
Oh oui totalement. Comme je disais, je travaille depuis que je suis tout petit et au Québec, tous les directeurs de casting nous connaissent mon frère et moi. Professionnellement il n’y a pas eu tant de changement au Québec mais du jour au lendemain, grâce au film, je suis passé d’un mec lambda à un sex symbol sans changer quoique ce soit. Après on t’appelle depuis la France pour te proposer du boulot alors que je n’avais jamais pensé y travailler un jour.

– Il y a un rôle précis que vous aimeriez jouer ?
J’ai toujours voulu faire un western dans la neige. D’ailleurs je me demande pourquoi Tarantino ne m’a pas appelé pour « The Hateful Eight » (rires). En fait, je suis monté à cheval pour un film, et même si ça a été dur, j’ai réussi à avoir une vraie connexion avec l’animal. Ce n’était plus un combat de domination mais une extension de mon corps.

– Vous considérez quelqu’un comme votre modèle ?
Pas vraiment, mais je respecte énormément Leonardo DiCaprio. Il fait des choix très intéressants dans sa carrière. J’avais lu qu’après le succès de « Titanic », il avait refusé des projets pendant deux ans. Il ne veut pas choisir des rôles pour de l’argent mais des rôles qui lui parlent. C’est un peu mon cas, il m’arrive de ne pas travailler pendant un an et demi car aucun projet ne m’intéresse.

« L’Homme qui rit » de Jean-Pierre Améris (2012)

– Le métier d’acteur vous a toujours passionné?
Vous savez, j’ai commencé excessivement jeune, c’est venu quand mon grand frère a commencé à jouer, je l’accompagnais donc je me suis retrouvé sur des plateaux à un an et demi. A 3 ans on m’a demandé si je voulais passer des essais pour une pub et vu que je voulais faire comme mon frère et j’avais du plaisir à jouer. Je n’ai pas eu un déclic un jour mais quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais : ambulancier.

– Avec qui aimeriez-vous tourner en Belgique ? 
Avec François Damiens, je l’adore. Quand j’ai commencé à travailler en France, au début du tournage de  « Le premier jour du reste de ta vie », Pio Marmaï m’a donné un copie de « Dikkenek » et je l’ai regardé environ 40 fois. Sur le plateau on me disait que je faisais l’accent belge car j’écoutais trop « Dikkenek ». Je connais la moitié des repliques.

48466bd3342d8Avec Pio Marmaï dans « Le premier jour du reste de ta vie » de Rémi Bezançon (2008)

– Passer derrière la caméra, ça vous tente ? 
Beaucoup. J’ai très envie de réaliser mais aussi de produire. J’aime le talents des autres. J’ai commencé à écrire des trucs mais c’est difficile pour moi. Je veux bien retravailler un scénario avec quelqu’un mais partir de rien, j’ai vraiment du mal.  Je ne suis pas bon pour tout réaliser non plus.

– Un film préféré ? 
Je me souviens de la première fois que j’ai vu un film dans un ciné-parc (regarder un film dans un parking depuis sa voiture). C’était « Terminator 2 », j’étais très jeune, même un peu trop pour être honnête mais c’est la première fois que j’ai compris l’importance de la musique d’un film.
« My Left Foot » de Jim Sheridan m’a beaucoup marqué aussi, je pensais que le personnage était vraiment handicapé alors que pas du tout. J’ai compris qu’il y avait également une construction de personnage. J’ai compris ce que jouer pouvait être.

500645« Tu dors Nicole » de Stéphane Lafleur (2014)