Rencontre avec Thomas Blanchard et Antoine Cyupers pour « Prejudice »

fJYr-_4OC1ozXwgDNUBBYWfHvnc A l’occasion du 30ème FIFF de Namur, le réalisateur Antoine Cuypers ainsi que l’acteur Thomas Blanchard sont venus présenter le film « Préjudice » qui a fait l’ouverture du festival.

Rencontre avec ces deux artistes talentueux.

12080749_10153267441001359_62811276_nThomas Blanchard (gauche) & Antoine Cuypers (droite) lors de l’interview.


– Comment avez-vous eu l’idée du film?

Antoine : A la base, j’avais envie de participer à un concours où il fallait réaliser un film avec un micro budget. Je suis venu avec cette idée et on a commencé à la developper. J’ai écrit une première version du scénario que j’ai envoyée à mon co-scénariste Antoine Wauters. Cela a finalement pris quatre ans.

– Comment se passe une co-écriture ?
En général, c’est moi qui écrit. On fait des séances de travail, on requestionne le texte, on fait des modifications ensemble mais normalement le travail d’écriture passe d’abord par moi.

– Pourquoi placer l’histoire lors d’un diner de famille ?
Pour traiter de la question de l’enfermement, du manque d’évasion et d’horizon. Il me semblait intéressant de placer cela dans un huis clos, dans un contexte de tragédie. On sait tous ce qu’un repas familial représente, c’est parfois des tensions, parfois on doit jouer la comédie, on doit porter des masques alors qu’en général, on est entouré de gens proches de nous.

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– Thomas, comment décrieriez-vous votre personnage ?
C’est l’élément perturbateur de la famille. Il y a à la fois ce que sa famille projette sur lui mais également ce que les spectateurs peuvent imaginer en regardant le film. Pour moi, j’ai pris les situations telles qu’elles étaient sans chercher à les raccorder les unes aux autres. On s’était dit avec Antoine que ce serait mon corps et ma voix qui feraient le lien entre ces situations et qui allaient composer une sorte de personnage assez mystérieux. C’était très excitant à jouer car il n’y avait pas de définition de caractère.

– Comment prépare-t-on un tel rôle ?
Surtout avec de l’imaginaire. J’ai l’impression que ce n’est pas une question de bien jouer ou de mal jouer les choses, c’est vraiment une question d’être au bon endroit de l’imaginaire pour développer les choses. Il y a également le rapport avec les partenaires, c’est là où tout se construit. J’ai eu de la chance d’avoir un rapport de confiance, de bienveillance avec le reste du casting.

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– C’était difficile de sortir du personnage ?
Non car je ne suis pas dans la méthode « Actor’s Studio ». On s’utilise soi-même, qui on est, ce qu’on a vécu mais pour moi, c’est vraiment du jeu et encore une fois un développement de l’imaginaire. Il faut se laisser disponible à ce qui peut nous traverser.

– Antoine, pensiez-vous à Nathalie Baye et à Arno dès l’écriture ? 


Non pas du tout, l’écriture a été assez longue, le scénario a pris différentes formes, les personnages ont évolués. Un fois qu’on était d’accord et que l’histoire semblait terminée, on a commencé à réfléchir. Je ne me suis pas dit :  « j’ai envie de travailler avec Nathalie Baye! », je me suis demandé quels acteurs pouvaient jouer les parents tout en essayant d’avoir une espèce de cohérence familiale, ce qui n’était pas forcement facile à mettre en place. Je ne pouvais pas faire le film en ayant des doutes sur le casting.

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– C’était voulu de placer le père en retrait par rapport à la mère ? 
Oui c’était une figure paternelle qui m’intéressait. Il y a quelque chose d’actuel là-dedans, je ne dis pas que c’est ma situation mais je voulais mettre la position patriarche au second plan, un homme un peu éteint, un peu brisé. J’ai le sentiment, quand je regarde autour de moi, que les hommes d’un certain âge ne sont plus forcément ceux qui tapent du poing sur la table.

– Vous donnez énormément d’importance à l’esthétique, pourquoi ? 
Je ne veux jamais que ce soit gratuit, j’ai toujours une raison le faire, j’aime les choses belles, je voulais une image propre, une mise en scène fluide, élégante qui soutient l’intrigue, qui montre ce qu’on a à voir. Je n’avais pas envie de reléguer ça au second plan. Un de mes plus grands plaisirs en tant que réalisateur, c’est de pouvoir échafauder visuellement mon film.

– La maison joue-t-elle un rôle dans le film ?
Oui, d’ailleurs, dans mes notes d’intention, la maison figurait dans le casting, c’était le neuvième personnage et je voulais qu’on le ressente à l’écran.

– Comment était l’ambiance pendant le tournage ? 
On était tous très concentrés, exigeants car c’est un film difficile mais rien ne s’est fait dans la douleur.

– Thomas, avez-vous eu des séquelles après le tournage ? 
(rires) Non non
Antoine : pourtant on ne t’a pas ménagé (rires)

1015001_fr_prejudice_1441010614915« Préjudice »
Sortie le 7 octobre 2015